Invité par les Antennes du Rosaire à Nantes...avril 2013

Publié le par Anne-Madeleine Remuzat

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Le samedi 6 et le dimanche 7 avril 2013, je fus invité par Mme Ginette De Lazzer, Présidente des Antennes du Rosaire, à venir parler de la servante de Dieu, soeur Anne-Madeleine Rémuzat à Nantes. J'ai pu rencontrer la supérieure du Carmel, puis la supérieure et les religieuses de la Vistation, après avoir présidé l'Eucharistie du matin, suivie par une conférence l'après-midi et le dimanche, reçu à la paroisse Sainte Madeleine. Voici l'homélie du 2e dimanche de Pâques. Merci aux Antennes du Rosaire, aux Amis du Coeur de Jésus et aux Membres de la Garde d'Honneur, pour leur accueil, ainsi qu'à tous les participants aux conférences de ces deux jours, où Ste Marguerite-Marie, Anne-Madeleine Rémuzat et Ste Faustine furent priées.

Dimanche de la Miséricorde

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Paroisse Sainte Madeleine

Nantes - 7 avril 2013

 

Frères et Sœurs,

Vous devez vous demander ce qu’un Marseillais fait à Nantes ? Eh bien j'ai été invité par les Antennes du Rosaire, pour faire découvrir le message de Miséricorde, qu’a vécu Sœur Anne-Madeleine Rémuzat à Marseille au XVIIIe siècle, et j’ai la joie de prier avec vous.

Je remercie le Père Philippe Marot, curé de la paroisse, ses collaborateurs prêtres et laïcs, ainsi que le Père de Chantérac, pour ses mots de bienvenue et vous tous, pour l’accueil que vous me réservez dans cette église, dédiée à Sainte Madeleine, si chère à Marseille et à la Provence.

En ce 2ème dimanche de Pâques, dimanche de la Miséricorde, remercions dans la prière le bienheureux Jean-Paul II qui fut l’initiateur de cette fête, demandée par Jésus à Sainte Faustine.

Comme vous le savez, mais je le rappelle pour les jeunes qui, très nombreux, participent à cette eucharistie, déjà, à Paray le Monial et à Marseille, au XVIIe et XVIIIe siècles, le Seigneur apparaissait à Marguerite-Marie et à sœur Anne-Madeleine Rémuzat, leur montrant son cœur et leur parlant d’amour, de mansuétude et de miséricorde…

        La Miséricorde divine ! Désormais nous est donnée la clef, pour mieux comprendre son message, et cette clef : c’est l’amour !

        Dans les Actes des Apôtres, Luc nous parle de tous ces témoins qui, dès les premières générations chrétiennes, proclament de leur foi, en la présence du Christ ressuscité. Même l’ombre de Pierre, le pardonné du soir de Pâques, arrive à guérir les malades. Ce pardon, accordé par Jésus, est, pour nous tous, un exemple à suivre, même si cela nous semble quelques fois dur, voire impossible.

        De celui qui l’a renié par trois fois, il fait le chef de son Eglise, lui donnant les clefs qui permettent de nous introduire dans son royaume de lumière et de paix. Et déjà nous prions pour le pape François, qui cet après-midi, prendra possession de son siège épiscopal dans la cathédrale Saint-Jean de Latran : il a désiré que ce soit en ce dimanche de la Divine Miséricorde.

        « Recevez l’Esprit-Saint ». Désormais nous sommes sous la puissance de cet Esprit, qui nous permet de découvrir toutes choses et, en particulier, ces mots d’amour qu’il prononce au plus profond de nos êtres, nous envoyant comme des témoins de sa résurrection.

Et pourtant, certains d’entre-nous sont comme l’apôtre Thomas ; ils ne peuvent pas, ou ne veulent pas entendre ou croire, sans avoir vu, sans « avoir touché » ses plaies, pour être certains d’avoir vu le Ressuscité.

Mais la foi, n’est-ce pas de faire confiance, de marcher sans se retourner ? Voyez les deux disciples qui allaient vers Emmaüs. Il faudra que celui qui les rejoint, leur explique les Ecritures, pour qu’ils puissent comprendre, rebrousser chemin et retourner à Jérusalem pour en témoigner. Et à Thomas, huit jours plus tard, Jésus dira : « Avance, et mets ton doigt ici, vois mes mains, mets ta main dans mon côté ».

Heureux est-tu Thomas, d’avoir pu glisser ta main dans le côté ouvert du Christ ! Combien auraient voulu être à ta place. Durant des siècles, combien de saints, de théologiens, de simples chrétiens, ont voulu s’approcher de ces saintes plaies et plus particulièrement de la plaie du côté ouvert de Jésus.

Avec Thomas, en regardant Jésus Miséricorde, nous disons une fois encore : « Mon Seigneur et mon Dieu, j’ai confiance en toi. Ouvre pour nous tes plaies d’où jaillit ta Miséricorde ». En ce jour, où Jésus institue le sacrement du pardon, le sacrement de la pénitence, de la réconciliation, dont nous avons tous tant besoin ; que l’Esprit Saint nous inspire une démarche de joyeuse conversion, pour être trouvés dignes du royaume.

Saint Augustin, en ce dimanche, de l’autre côté de la mer, en sa ville épiscopale d’Hippone, faisait quitter les vêtements blancs aux néophytes qu’il avait baptisés dans la nuit de Pâques. C’était, pour eux, la reprise de la vie quotidienne. Les catéchèses étaient terminées, encore qu’ils reviennent quelques jours encore, pour parfaire leur enseignement. Aussi, dans ses Sermons pour la Pâque, il leur rappelle qu’en ce jour octave, il leur faut miser sur ce qui demeure, sur ce qui est définitif. « N’imitez pas ceux qui tournent en rond, pris par le tourbillon des vanités, sans voir les vraies valeurs. Respirez à la hauteur de votre dignité, vous êtes devenus chrétiens, restez-le ! ».

On croit entendre le pape François nous rappeler, ces jours-ci, les valeurs essentielles du christianisme, revenant sur l’importance du baptême, qui nous fait fils de Dieu et de l’Eucharistie, qui nous unit à Dieu. Ces sacrements, qui doivent devenir vie, doivent se traduire en comportements, en gestes et en choix. Car, dit-il, « la grâce contenue dans le sacrement pascal, est une puissance de renouvellement énorme, pour l’existence personnelle, pour la vie des familles et pour les relations sociales. Mais tout passe à travers le cœur humain. Sans la grâce nous ne pouvons rien. Et d’insister : Notre engagement quotidien, est d’exprimer, dans la vie, le sacrement que nous avons reçu. C’est aussi notre joie de se sentir instruments de la grâce du Christ ainsi que d’être instrument de sa miséricorde ».

        Ecoutons Sainte Faustine nous parler du dimanche In Albis, ce dimanche de Quasimodo, comme on l’appelait alors. C’était pour la clôture du Jubilé de la Rédemption, en 1935 : « Quand nous sommes allées assister à ces cérémonies, mon cœur battait de joie, parce que ces deux fêtes sont étroitement unies. J’ai demandé à Dieu, Miséricorde, pour l’âme des pécheurs ! Quand la cérémonie arriva à son terme et que le prêtre prit le Très Saint Sacrement pour donner la bénédiction, alors je vis Jésus, exactement comme il est représenté sur l’image. Le Seigneur accorda sa bénédiction et les rayons se répandirent sur le monde entier. Soudain, je vis une clarté inaccessible, qui avait la forme d’une demeure en cristal, tissée de vagues d’une clarté inaccessible à tout esprit. Trois portes mènent à cette clarté et à ce moment, Jésus entra dans la clarté par la seconde porte, à l’intérieur de l’unité. C’est une Unité Trine, qui est inconcevable : l’infini ! Alors j’entendis une voix qui disait : cette fête est issue des entrailles de ma Miséricorde et elle est confirmée dans les profondeurs de mon amour infini. Toute âme qui croit et à confiance en ma Miséricorde, l’obtiendra. »

        Le bienheureux Jean-Paul II écrivait : « Le joyeux alléluia de la Pâque résonne encore aujourd’hui. La page de l’évangile en Saint Jean souligne que le ressuscité, le soir de ce jour-là, est apparu aux apôtres et leur a montré ses mains et son côté (Jn 20, 20), c’est-à-dire les signes de sa douloureuse passion, imprimés de façon indélébile, dans son corps même, après la résurrection. Ses plaies glorieuses, qu’il a fait toucher à Thomas, l’incrédule, huit jours plus tard, révèlent la miséricorde de Dieu, qui a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils (Jn 3, 16). Oui, ce mystère d’amour est au centre de la liturgie d’aujourd’hui. A l’humanité, qui parfois semble perdue et dominée par le pouvoir du mal, de l’égoïsme et de la peur, le Seigneur ressuscité offre le don de son amour qui pardonne, réconcilie, et rouvre l’âme à l’espérance. C’est un amour qui convertit les cœurs et donne la paix. Nous le savons, le monde a besoin de comprendre et d’accueillir la miséricorde divine du Seigneur ! » Ces stigmates, sœur Anne-Madeleine Rémuzat, les recevra à la fin de sa vie, garants de l’amour que Jésus lui portait, faisant d’elle la messagère de sa miséricorde dans Marseille et la Provence.

Comme nous le demande l’Eglise en ce dimanche de la Miséricorde Divine, et comme l’a fait si souvent Sainte Faustine, contemplons le Seigneur Jésus. Son message de Miséricorde continue de nous atteindre, à travers le geste de ses mains tendues, vers l’homme qui souffre. Dans la mesure où l’humanité saura apprendre le secret de ce regard miséricordieux, elle comprendra que chaque personne est précieuse au cœur de Dieu.

Ce message s’adresse en particulier à celui ou celle qui, touché par une épreuve particulièrement dure, maladie, deuil, dépression, ou écrasé par le poids de ses péchés, qui a perdu toute confiance dans la vie et est tenté de céder au désespoir.

Alors se présente à lui le doux visage du Christ et il est touché par ses rayons d’amour. Combien ont été réconfortés, sauvés par le regard du Christ Miséricordieux ?

Je crois que c’est par ce Cœur Miséricordieux, ce Sacré Cœur, auquel Marseille et le diocèse furent consacrés, les premiers au monde, en 1720, après la grande peste qui ravageait la ville, que celui qui aspire au bonheur authentique et durable, peut et doit en trouver le secret.

Sœur Rémuzat, cette privilégiée du Sacré-Cœur, témoin de la miséricorde et de la mansuétude de Jésus, continuant l’œuvre de Sainte Marguerite-Marie Alacoque, et chargée par Jésus d’être sa messagère, avec Ste Faustine, nous permettent, en ce dimanche, d’être à notre tour, aujourd’hui et demain, ces témoins de l’amour partagé.

Et comme l’écrit le Père Jean-Baptiste, dans l’édito de votre bulletin paroissial, « Désormais, sa  présence sera d’une certaine manière différente de ce qu’elle était avant la mort-résurrection. Il aura comme corps l’Eglise, présent dans sa Parole, dans l’Eucharistie et dans les pauvres. Et c’est le Saint-Esprit, qui manifeste Jésus vivant dans l’Eglise et dans chaque chrétien. Lors de sa résurrection, Dieu « lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisi d’avance ».

Oui, nous tous chrétiens, nous avons la mission de rendre témoignage qu’il est ressuscité. Et je me permets d’ajouter : nous en témoignerons avec joie et avec foi, dans l’espérance d’être des annonciateurs de sa miséricorde, sous le doux regard aimant, de la Vierge Marie, mère de l’amour miséricordieux et de l’Eglise. Amen.                Mgr Jean-Pierre ELLUL.

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