Le retour vers Dieu d'Anne-Madeleine Rémuzat

Publié le par Anne-Madeleine Remuzat

 15 février 1730

                              ANNIVERSAIRE DE LA MORT D'ANNE-MADELEINE REMUZAT

Nous sommes dans les premiers jours de 1730. «Je mourrai cette année», dit Anne-Madeleine ! Une épidémie de rhume sévissait dans la communauté. «Mourir à 33 ans, c’est beau dit-elle» ! Elle fut prise d’un crachement de sang, mais elle le dissimula.

 

  Alors qu’elle est malade et doit garder la chambre, lorsque le confesseur d’Anne-Madeleine lui demande en quoi elle est absorbée, elle répond : «Ah, mon Père, que les miséricordes de Dieu sont grandes ! Parlez-moi du Cœur de Jésus, c’est le seul grand objet qui m’occupe». Et au moment de recevoir le viatique : «Voilà enfin, dit-elle, le moment heureux où je vais m’abîmer, me plonger, dans le Sacré-Cœur de Jésus. Ce divin sauveur vient à moi pour la dernière fois et je ne me séparerai plus de lui. Je ne suis qu’une pécheresse, mais j’espère qu’il me fera miséricorde. Réjouissez-vous mes chères sœurs de mon bonheur. Le règne du péché va être détruit en moi.». Elle renouvela ses vœux. Son dernier mot fut de prier les sœurs de réciter les litanies du Sacré-Cœur dès qu’elle aurait expirée. Elle avait elle-même remaniée ces litanies sur les textes plus anciens et qui deviendont un siècle plus tard, les Litanies de l'Eglise Universelle.C’était le 15 février, à 5 heures du matin, elle était âgée de 33 ans, deux mois, 17 jours. Dans Marseille l’on disait : «La sainte est morte». On prit son masque funéraire,

 

et lorsque le chirurgien vint pour extraire son cœur, il vit gravé sur sa poitrine, le nom de Dieu, en lettres capitales, avec comme un petite boursouflure, un cœur, imprimé sur le côté et sur son bras gauche une coeur percé de deux fléches..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Ses obsèques furent célébrées par Mgr Henry de Belsunce, avec un grand concours de Marseillais, et elle fut inhumée dans le caveau des religieuses, sous le pavement du chœur, dont nous conservons actuellement quelques éléments. Ils m’ont été remis le 25 octobre 2001, par les religieuses de la Visitation Saint-Marie des Accates avant qu’elles ne se dispersent. Aussi l’évêque Belsunce, deux ans après la mort d’Anne-Madeleine, pouvait-il porter un témoignage public au vu des attaques des Jansénistes qui ridiculisaient les visions du Sacré-Coeur qu'avait reçue la soeur Rémuzat Dans une lettre imprimée pour être diffusée, il dit de la dévotion exceptionnelle de la Visitandine pour le Sacré-Cœur.

 

                        ,                                                         «Elle avait un zèle admirable pour la gloire du Sacré-Cœur de Jésus ; elle en était sans cesse occupée, elle ne connaissait pas de plaisir plus sensible sur la terre que celui d’adorer ce divin Cœur, d’en parler, d’en affermir le culte, d’augmenter le nombre de ses adorateurs et elle a eu la consolation de le voir, par ses soins, croître chaque jour, et d’apprendre, avant sa mort, que nos malheurs et leur cessation (la peste), ainsi qu’elle l’avait prévue et qu’elle l’avait autrefois souvent assuré, avaient déjà servi à faire connaître la puissance et la bonté de ce Cœur adorable, et à en étendre la solide dévotion jusqu’aux extrémités de la terre». La haute spiritualité d’Anne-Madeleine, en effet, n’est pas demeurée sans retentissement social. En 1885 une enquête diocésaine amena l’introduction de sa cause de béatification à Rome. Elle fut déclarée vénérable à la demande de Mgr Robert, évêque de Marseille le 24 décembre 1891 par le Pape Léon XIII.

Après un temps d’interruption assez notable, la cause de béatification fut reprise. Le 8 mars 1921 eut lieu la séance anté-préparatoire pour l’examen de l’héroïcité de ses vertus. La cause disait-on avancera assez rapidement. La seconde guerre mondiale en ralentit l’instruction. Depuis nous attendons un signe du Seigneur. Notons d’ailleurs que ce sont deux religieuses de la Visitation qui furent les apôtres de son Cœur aimant. Marseille prend place à côté de Paray-le-Monial. Anne-Madeleine succède à Marguerite-Marie.

 

Deux filles de Saint François de Sales unie pour qu’en quelque sorte, leur mission soient contiguës. Toutes deux ayant reçues des grâces extraordinaires. Marguerite-Marie endura une double épreuve : la purification intime et le creuset des humiliations et des épreuves extérieures. Anne-Madeleine connut surtout les souffrances de l’âme, et qui pourrait dire quel fut l’intensité de cette épreuve ? Elle en mourut d’amour pour le Seigneur. Trente trois années, en peu de temps, pourrions-nous dire, elle remplit une longue carrière et exerça dans sa ville natale une influence spirituelle dont les retombées sont encore tangibles. Et que dire de son appel à l’évêque du temps. Marseille fut, par elle, la première ville consacrée au Cœur Sacré de Jésus. Et lorsqu’on se penche sur la vie, sa prière, son sens de Dieu, son abandon total à la providence, son témoignage devient un exemple que beaucoup peuvent suivre de nos jours.  avec elle, nous pouvons méditer sur les mystères joyeux, douloureux, glorieux et lumineux. Avec elle, nous pénétrons dans la salle des jeunes mariés à Cana, témoins de la mansuétude du Seigneur, nous l’écoutons nous parler de conversion du cœur, nous nous serrons tout près de Jésus, avec Jean, le disciple bien-aimé, penché sur sa poitrine, et nous l’écoutons nous dire ces mots d’amour qu’il ne cesse de prononcer pour nous, mais que nous n’écoutons pas.

 

 

Laissons-nous choisir nous aussi, pour faire rayonner son Cœur sacré, son amour intangible, sa miséricorde infinie. Avec Anne-Madeleine, prions pour Marseille ; notre ville doit continuer de rayonner de l’amour du Christ. C’est pour cela qu’avec vous sur ce site, nous avons pris du temps pour une méditation, tout près du monastère où elle a vécue.

 

 

 

 

Demandons au Christ d’augmenter notre foi en l’eucharistie, de savoir « adorer » pour repartir en missionnaires de son amour, témoigner de sa présence parmi nous. D’agrandir aussi notre prière sous l’inspiration de l’Esprit-Saint, d’être comme Jésus nous le demande, miséricordieux et humble de cœur, et surtout, de chasser «la peste» de l’incroyance et de la tiédeur qui pourrait contaminer nos vies et nous éloigner de Dieu. La Cause en béatification est désormais reprise, à vous d'en être à votre tout les propagateurs et de lui confier toutes vos intentions de prières pour  qu'elle puisse les présenter au Christ ressuscité.

 

Qu’Anne Madeleine Remuzat nous permette d’être les ambassadeurs et les apôtres du Cœur Sacré de son Fils.

 

  

 

 

Mgr Jean-Pierre ELLUL , postulateur de la cause.

 Recteur de la basilique du Sacré-Cœur de Marseille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Vie d'Anne-Madeleine

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