Pour vous qui suis-je ? nous demande Jésus.

Publié le par Anne-Madeleine Remuzat

Dimanche 23 juin 2013 – 12è dimanche – Basilique du Sacré-Cœur.

Chers Frères et Sœurs,

        Aujourd’hui encore, Jésus nous prend à l’écart… et à l’oreille, nous pose la question : « Pour vous qui-je ?» Qu’allons-nous répondre ?

Pour certains, la réponse sera parfaitement théologique ! Avec fierté et sureté, ils répondront : « Je sais qui tu es ; tu es Jésus, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Et ils passeront à autre chose, tout contents d’avoir si bien répondu et vite.

Mais Jésus revient vers eux et leur repose la question, et cette-fois-ci, elle est encore plus personnelle : « Mais pour toi, vraiment, en toute vérité : qui suis-je ? » Etonnés, questionnés, interloqués même, ils se diront : « Mais pourquoi ? Pourquoi veut-il encore une réponse ? N’ai-je pas tout dit ? » Et cela leur permettra d’approfondir leur foi en Christ et de se demander s’ils l’ont un jour, vraiment rencontré.

D’autres écouteront, le regarderont sans comprendre, se détourneront même, importunés par celui qui vient les questionner. Ils se disent pourtant croyants, ils disent avoir la foi, font leurs prières, aident les autres. S’étant détournés, Jésus ne leur demandera plus rien ; mais sera toujours là, à côté d’eux, même s’ils ne le voient pas. Car Jésus nous aime, tous et un chacun, d’un amour particulier, d’un amour de prédilection.

Et puis, ce sera notre tour ? « Qui suis-je pour toi ? Qui suis-je dans ta vie ? Pourquoi me suis-tu depuis des années ? Que veux-tu de moi ? Qu’est-ce qui fait que tu as la foi, et que tu as foi en moi ? »

Et il nous faudra répondre, en recherchant dans notre vie, les traces de la présence de Jésus, qui est venu un jour vers nous, que nous avons rencontré, que nous avons aimé, à qui nous avons dit : « Seigneur tu sais tout de moi ; tu sais que je suis pécheur, lâche, tiède souvent, désespéré parfois, me laissant aller au désespoir, quand je pense que tout est perdu, et même, te rejetant quelquefois, car je ne sens plus ta présence et pense que tu me laisses seul. Mais pourtant, tu sais que je t’aime !

Et en ce dimanche, Jésus nous fait regarder plus loin que notre moi personnel. Il nous parle sur le chemin que nous avons emprunté avec lui et qui nous conduit vers le royaume. Oui, il nous parle de ses souffrances, de sa mort et, avant sa mort, de toutes les dérisions et moqueries, auxquelles il a été soumis, mais aussi le rejet de ses disciples, et la trahison de celui qui vient de lui dire, au nom des douze: « Toi, tu n’es ni Jean-Baptiste, ni Elie, car toi, Tu es le Messie de Dieu ! Et celui qui doit venir, le grand prophète, c’est toi ! »

Ah, ces réponses toujours si spontanées ; Pierre n’arrive pas à se contrôler, rappelez-vous, au soir de la Cène, où à l’annonce de la trahison de Judas, il lui a dit qu’il mourait pour lui, ce qui permettra à Jésus de lui répondre qu’il le reniera, et par trois fois, dans la cour du Grand Prêtre. Un peu comme nous, lorsque nous perdons pied dans notre vie et notre vie spirituelle, quand tout semble définitivement fermé et que nous doutons de Dieu et de sa miséricorde. Mais comme pour Pierre au jour de la résurrection, nous aussi nous sommes pardonnés !

Oui, nous voulons marcher à la suite de Jésus, et pour certains d’entre-nous, cela fait des années que nous nous y essayons. Et nous avons réussi à mettre nos pas dans les siens, et nous avons eu, nous aussi, notre dose de souffrances et de croix, grandes et petites : celles de la séparation, des divorces, de la maladie, du chômage, du manque d’argent, de la dépression nerveuse, de l’anéantissement totale de nos vies.

Mais, nous avons trouvé sur cette route semée de croix, la joie de rencontrer une personne de notre entourage, où quelqu’un rencontré, non par hasard, mais que le Seigneur à mis sur notre route, et qui nous a écouté, accompagné, aimé, soutenu. Et ainsi aidé par l’Esprit-Saint de Dieu, nous avons revu les choses et tous les êtres, avec un nouveau regard, et à notre tour, nous avons contribué à sauver quelqu’un d’autre.

Cette immense chaine de solidarité humaine et chrétienne, nous vient de notre fierté de fils et de filles de Dieu, et ce depuis notre baptême, où nous avons revêtu le Christ. Oui, souvent nous avons cru avoir perdu notre vie, avoir tout perdu, être laissé seul et souffrant, dans le noir de la détresse et de l’angoisse du lendemain, mais nous avons été soutenus et sauvés, avec et par la grâce au Christ Jésus, qui nous a accompagné dans nos épreuves et nous a donné le force de nous relever et de repartir.

C’est alors que la joie est venue irradier notre existence ; et cela nous donne de chanter et de remercier, car il faut souvent passer par une certaine mort et une grande souffrance, pour savourer la vie, cette Vie qui vient de Lui.

Merci Seigneur, de m’avoir posé cette question en ce dimanche ! Je sais que je dois encore et toujours, lire et relire, approfondir ta Parole, être assidu dans la prière, me mesurer au mal et en sortir vainqueur. Je te prie comme dans le psaume : « Tu vois, je te contemple dans le sanctuaire, je vois ta force et la gloire. Ainsi toute ma vie je vais te bénir, continuer de lever les mains pour invoquer ton nom.

Répands sur moi, répands sur nous tous, un esprit qui fait naître en nous, bonté et supplication. En levant les yeux vers toi, dont les clous ont transpercé tes membres, fais que nous n’oublions jamais combien tu as souffert pour nous, afin de nous sortir des tourments de la mort éternelle.

En te regardant, je te prie Seigneur : pour tous les otages, qui de par le monde, attendent leur libération. Je te prie Seigneur pour ceux qui sont victimes des inondations, de la haine et de la guerre. Je te prie pour les séminaristes et pour les jeunes, qui seront ordonnés diacre et prêtre dans notre cathédrale.

Eux aussi ont répondu à la question que tu leur posais : « Qui suis-je ? » Ils ont répondu : « Tu es le Christ le Fils du Dieu vivant » et ils t’ont suivi en eau profonde, pour devenir des pêcheurs d’hommes, afin de proclamer à la face du monde, que tu es vivant et ressuscité et que c’est par toi que nous vivons.

Amen. J.P. ELLUL.

 

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