PROCES EN BEATIFICATION ET CANONISATION
PROCES EN BEATIFICATION ET CANONISATION
DELA SERVANTE DE DIEU ANNE-MADELEINE REMUZAT
15 Février 2014.
Sessio I
Requête du Postulateur.
Monseigneur,
Chers amis,
C’est en découvrant la riche histoire du diocèse de Marseille et la sainteté qui s’y est vécue que nous nous sommes rendu compte de la place qu’avait tenue sœur Anne-Madeleine Rémuzat dans notre ville.
Il y a quelques années, en rendant hommage au Chanoine Albanès pour le bicentenaire de la paroisse de St Victor sous l’égide du professeur Régis Bertrand, j’avais découvert sa vie et son message. Le chanoine Charles Seinturier et le Père Paul Amargier évoquaient l’essai de reprise de sa cause dans les années 1981-1983. En effet, les conférences données au monastère de la Visitation de St Jérôme par le Père de Margerie, S. J., avaient permis de mieux la connaitre. Dans le même temps, le diocèse confiait au Père Bernard Montagnes, dominicain, la charge de rassembler la documentation historique la concernant.
Les Visitandines en quittant Marseille pour Voiron remirent la relique de son cœur à la paroisse du Sacré-Cœur.
Sœur Rémuzat mourut le 15 février 1730, après plusieurs jours de grandes douleurs et finalement dans une grande paix.
On peut dire que sa spiritualité s’est peu à peu forgée dans l’interaction entre deux aspects de sa mission : d’une part, la contemplation, jusqu’à l’extase, du Cœur de Jésus, contemplation accompagnée d’expériences mystiques et des pratiques de mortification très poussées, sans négliger les charges inhérentes aux différents offices qu’elle occupa dans la communauté ; d’autre part, l’accompagnement qu’elle prodigua à de nombreuses personnes qui venaient chercher auprès d’elle, au parloir, le discernement et les encouragements dont elles avaient besoin en cette époque où la foi catholique était tout autant secouée par les critiques de la Réforme que troublée par les exigences du jansénisme.
Portée par la grande Tradition de l’Église et par les courants spirituels qui ont forgé son époque, sœur Rémuzat s’est s’approchée de ce mystère de coopération, qui est au fond mystère du salut, à travers la contemplation du Cœur de Jésus.
Ce chemin qui lui est propre se caractérise, par trois accents qui sont d’une grande pertinence théologique pour notre temps. D’abord la confiance en la miséricorde de Dieu. Ensuite la conscience de la coopération entre la grâce de Dieu et la liberté de l’homme, nécessaire à l’éclosion et au développement de toute vocation. Enfin, une forte volonté de disponibilité totale au mouvement de la grâce en elle, mouvement qui la dispose au service des autres et sert ainsi la gloire de Dieu. « Une passion d’amour » : voilà aussi ce que la fut la vie de la servante de Dieu Anne-Madeleine Rémuzat[1].
C’est ce que je découvris lors de ma nomination au Sacré-Cœur, où avec une équipe de laïcs nous avons travaillé à approfondir sa vie et son message. [2]
La diffusion de l’image et de la prière pour demander sa béatification que le Cardinal Bernard Panafieu avait fait imprimer, permit de mieux la faire connaitre.
Quelques conférences m’ont été demandées et bien humblement j’ai essayé de transmettre ce que j’avais découvert dans les différentes vies écrites au cours de ces deux siècles. Depuis les réseaux sociaux, les médias et la presse ont pris le relais.
C’est bien pour cela que nous vous avions prié de bien vouloir recevoir notre demande d’introduction de sa cause en béatification.
Par le décret du 8 décembre 2013, vous avez institué les membres du tribunal chargé de l’instruire et nous voici rassemblés en ce 15 février, date anniversaire de son retour vers Dieu pour en ouvrir les deux premières sessions.
Merci Monseigneur pour votre confiance et grand merci également à celles et ceux qui par leur travail, et sans compter leur peine, ont permis cela.
Merci aux historiens, Messieurs les professeurs Jean Chelini et Régis Bertrand qui ont bien voulu préparer le rapport historique qu’ils vous remettront, merci aux membres du Tribunal et à vous tous chers amis venus nombreux.
Et je n’oublie pas de dire ma reconnaissance à nos deux théologiens, Mgr Jean-Marc Aveline et Père Robert Schoettel pour avoir su mettre en exergue l’humilité et la sainteté de vie d’Anne-Madeleine Rémuzat.
Qu’elle nous permette de prendre conscience de notre grandeur de baptisés, elle qui fut une pauvre de Dieu, tendue vers Celui qui est tout. Merci.
J-P Ellul.